HISTORIQUE DE LA BIBLIOTHÈQUE

C’est en 1916 que fut créée l’école Africaine de Médecine et de Pharmacie Jules Carde de Dakar. C’est dans cet établissement que furent dispensés les premiers enseignements en langue française de niveau universitaire en Afrique de l’Ouest. L’Institut Français d’Afrique Noire (IFAN) spécialisé dans la recherche africaniste fut créé en 1938. En 1949, était ouvert un enseignement de premier cycle de chimie-biologie. Enfin le décret du 6 avril 1950 créait l’Institut des Hautes études de Dakar. Telles sont les principales étapes de la mise en place progressive d’un enseignement supérieur destiné aux ressortissants des pays de l’ancienne Afrique occidentale française. Le 24 février 1957 marque la date officielle de la fondation de l’Université de Dakar, devenue le 30 mars 1987 l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

La création d’institutions d’enseignement supérieur et de recherche à Dakar eut pour conséquence la constitution de collections de documents de niveau universitaire, destinées aux enseignants, aux chercheurs et aux étudiants comme supports des programmes d’enseignement et de recherche.

C’est ainsi que les premières collections de l’actuelle bibliothèque centrale de l’Université datent de la création de l’école Africaine de Médecine. Il s’agissait à l’origine d’un fonds d’ouvrages et de quelques titres de périodiques qui avaient été acquis pour les professeurs et les étudiants de médecine. A ce titre, la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est la plus ancienne et la plus importante des bibliothèques universitaires des pays francophones de l'Afrique au sud du Sahara.

Un inventaire de janvier 1952 révélait en effet l’existence d’une collection de 4000 volumes et de 145 périodiques. La gestion de ce fonds installé à l’école de Médecine, située rue du 18 juin, était confiée à un fonctionnaire non spécialisé.

Pour les autres disciplines telles que le droit, les sciences et les lettres, le besoin d’une bibliothèque apparut bien vite et les achats s’organisèrent selon les besoins des professeurs. Un premier fonds de documents, géré par un instituteur du cadre académique, fut ainsi constitué pour le droit, les lettres et les sciences dans les locaux du lycée Van Vollenhoven, actuel lycée Lamine Guèye, où les cours étaient dispensés.

Successivement, en janvier 1951, puis en janvier 1952, un premier et un second fonctionnaire furent affectés à ces sections. En même temps fut créé un atelier de reliure. C’est à la rentrée universitaire de novembre 1952 que ces trois sections furent enfin confiées à une bibliothécaire professionnelle. Le premier règlement des bibliothèques de l’Université de Dakar est signé par le Recteur Camerlinck le 10 janvier 1953. Un registre d’entrée est officiellement ouvert le 26 janvier suivant. Une commission des bibliothèques, en médecine d’abord, dans toutes les autres sections ensuite, fonctionne à partir de 1954-1955, sous la présidence de M. Olivier Martin, professeur à l’école de Droit, puis des Recteurs successifs de l’Université.

En avril 1954, les quatre sections s'installent séparément dans des locaux différents, la section du Droit et des Lettres au rez-de-chaussée d'une aile de la Cité Universitaire, celle de la Médecine au premier étage de la Faculté nouvellement construite, et celle des Sciences dans deux modestes salles de l'école Supérieure des Sciences installée provisoirement, depuis 1954, dans l'ancien hôpital Jules Carde. En 1956, la Bibliothèque fait, pour la première fois, l'objet d'un chapitre particulier dans le budget de l'Institut des Hautes études.

A la fin des années cinquante, les différents fonds constitués s’élèvent à près de 5000 volumes et 2000 titres de périodiques. C’est à partir de cette époque que commencent à être appliquées les normes techniques propres à la gestion des documents et à l’administration des bibliothèques universitaires.

Depuis la création de l’Université en 1957, les crédits d’achat et de fonctionnement ont cru de manière régulière, ce qui a permis de développer un fonds important d’ouvrages, de périodiques, de cartes, de microfiches, de microfilms et de thèses, grâce notamment pour ce dernier type de document, aux échanges avec les universités françaises. Cependant, le développement des collections et l’augmentation du nombre des étudiants, vont rendre bientôt indispensable la construction d’un édifice propre à la bibliothèque. C'est à ce moment que des contacts furent pris avec la Direction des Bibliothèques de France et que le docteur Hahn, Conservateur de la Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Paris, est envoyé par elle en mission à Dakar. Dans son rapport ce dernier souligne la nécessité de doter ce qui n'était encore que l'Institut des Hautes études d'une bibliothèque centrale. C'est alors que M. le Recteur Capelle fixa sur le plan de masse l'emplacement que cette bibliothèque occupe aujourd'hui au centre de la perspective universitaire, rêvant pour elle d'une stature qui était à la mesure de l'Afrique Occidentale française d'alors. Sur l’initiative du Recteur Capelle et sous l’impulsion de ses successeurs, MM Paye, Frank et Lelièvre, le projet de construction d’une bibliothèque centrale où seraient rassemblées les collections dispersées prit alors corps.

La première pierre de la future bibliothèque centrale est posée le 10 décembre 1959 par Monsieur André Boulloche, Ministre de l’Éducation Nationale, chargé de l’Enseignement Supérieur dans la Communauté. Les travaux de construction commencés en 1961 furent achevés trois ans plus tard.

La nouvelle bibliothèque fut inaugurée par le Président Léopod Sédar Senghor le 20 novembre 1965 , en même temps que la nouvelle
faculté des lettres. En dehors des services administratifs et techniques, la bibliothèque offrait 350 places assises dans ses quatre salles de lecture et des magasins pouvant contenir 450000 volumes sur 13 km de rayonnages.

A partir de ce moment, les quatre sections, jusque-là séparées s’y trouvent réunies. Dès lors la bibliothèque centrale de l’Université va connaître un développement régulier avec un personnel scientifique et technique suffisant. Le personnel affecté par la Métropole est secondé par les bibliothécaires professionnels sénégalais formés dans le cadre de l'ancien Centre Régional de Formation des Bibliothécaires  (CRFB) ouvert en 1963 à l’Université de Dakar par l’UNESCO, et qui deviendra par la suite l’école des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD).

A partir des années soixante dix, la relève du personnel scientifique expatriée sera progressivement assurée par les conservateurs sénégalais formés à l’école Nationale Supérieure des Bibliothèques en France. La bibliothèque continuera à disposer de ressources matérielles et financières suffisantes pour le développement régulier de ses collections et le renouvellement de ses équipements.

C’est ainsi qu’au premier janvier 1983, ses fonds comptaient au total plus de 300 000 volumes. Elle recevait par abonnements, dons ou échanges près de 6000 titres de périodiques, dont plus de 1500 étaient en libre accès. Elle entretenait des relations d’échanges avec de nombreuses bibliothèques universitaires ou nationales en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord.

La fin des années quatre vingt fut cependant une période de récession pour la bibliothèque. Confrontée à de nombreuses difficultés consécutives à la diminution de ses ressources financières et matérielles, à l’étroitesse de ses locaux ainsi qu’au vieillissement de ses collections et de ses équipements, elle a dû faire face à de nombreux défis.
Dans un environnement scientifique et technique en pleine mutation et face à la pression d’une population universitaire en augmentation constante, elle ne fut plus à un moment donné, en mesure de répondre de manière efficace à ses missions fondamentales d’appui à l’enseignement et à la recherche.

L’année 1994 marquera le début de la mise en œuvre d’un programme d’extension, de rénovation, de réorganisation et de modernisation des bibliothèques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et en particulier sa bibliothèque centrale sous l’impulsion des Recteurs Souleymane Niang et Moustapha Sourang.

La fin des années quatre vingt dix fut mise à profit, pour recycler le personnel, réorganiser les services de la bibliothèque, moderniser les méthodes et les techniques de gestion et de diffusion de l’information, renouveler les collections, intégrer les nouvelles technologies de l’information et de la communication comme outils de gestion et d’accès à l’information et enfin édifier et équiper de nouveaux espaces de travail et de recherche pour les membres de la communauté universitaire.

Au début de ce nouveau millénaire, le système documentaire de l’Université, constitué en Service Commun de la Documentation par le décret 95.197 du 21 février 1995, compte à l’heure actuelle 18 bibliothèques fédérées en réseau autour de la bibliothèque centrale qui en est le point focal. Dans un environnement entièrement automatisé, un nouvel édifice de plus de 1700 places assises dans les services publics a été mis en service et offre aux usagers des collections de documents renouvelées, des moyens modernes d’accès à l’information et des conditions d’accueil et de travail très confortables.

La bibliothèque centrale qui a un statut d’institut d’université, par le décret n° 78-808 du 28 juillet 1978, est administrée par un Conseil d’Administration. Elle est membre de l’Assemblée de l’Université et siège au Conseil restreint de l’UCAD.

Cette reconnaissance institutionnelle confère à cette institution une place de choix au cœur du dispositif de l’enseignement et de la recherche à l’Université et en fait un instrument de première importance du point de vue pédagogique, scientifique et culturel.

Depuis sa création, la bibliothèque centrale a été successivement dirigée par Messieurs Jean Rousset de Pina (1957-1972), Jean Donati (1972-1978), Théodore Ndiaye (1978-1987), Henri Sène (1987-2007) et par Madame Mariétou Diongue Diop (2007-2013). Présentement (depuis Juin 2013) Monsieur Papa Arona NDIAYE est le directeur de l'établissement.   
   

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